Neigong
Travail interne, par opposition au Wai Gong, le travail externe. Tout ce qui ne se voit pas de l'extérieur, et qui pourtant change tout.
Wai Gong, Nei Gong
Le Wai Gong travaille la structure visible : posture, alignement, force, souplesse. Il s'adresse aux muscles, aux tendons, aux articulations. On peut le voir, le corriger de l'extérieur, mesurer ses progrès.
Le Nei Gong travaille ce qui se trouve plus profond : la respiration fine, la circulation interne, la sensation, la qualité de présence. Il ne se voit pas. On le sent de l'intérieur, ou on ne le sent pas — et la première fonction de la pratique est précisément d'apprendre à sentir.
L'externe précède l'interne
Dans la tradition de l'École Daxuan, on ne saute pas l'étape du Wai Gong. C'est une règle. Sans une structure correcte — un corps aligné, des fascias détendus, une respiration qui n'est pas bloquée par des tensions installées — le travail interne n'a rien pour se poser. Il glisse.
C'est pour cette raison que la première moitié du cours est externe et la seconde devient interne. L'ordre n'est pas accidentel : c'est l'ordre dans lequel le corps lui-même peut accueillir.
Ce qui se travaille
Le Nei Gong agit sur trois plans concentriques :
- Les fascias — réseau de tissus conjonctifs qui enveloppe et relie tous les organes, muscles et os. La pratique les rend plus poreux, plus réactifs, capables de transmettre l'information dans tout le corps.
- Les os — densité, résilience, capacité à porter sans crisper. Le travail interne nourrit l'os, le rend disponible plutôt que défensif.
- La moelle — couche la plus profonde. C'est le plan le plus subtil, le plus long à toucher, et celui qui donne sa réelle vitalité à la pratique.
Plus la pratique avance, plus le corps devient poreux : l'échange entre l'intérieur et l'extérieur se fait sans tension, le souffle entre profondément, la sensation se diffuse, l'attention se pose sans effort.
Dans le cours
Concrètement, le Nei Gong apparaît dans la seconde moitié de la séance : exercices de respiration ciblée, mouvements lents de Chi Kong, postures internes. Ces pratiques ne se comprennent pas par la tête. Elles se reconnaissent par la sensation, semaine après semaine.
Trois qualités se développent progressivement, qui sont les marqueurs d'une pratique qui s'installe : sentir, enraciner, unir.